Les résultats de ces recherches confirment ainsi que, comme sur toute la planète et à toutes les époques, les céréales forment la base de tous les régimes alimentaires du monde antique. L'orge, en particulier, est très appréciée par les Hellènes. Elle est grillée et moulue ou réduite en farine à laquelle on ajoute de l'huile, du miel ou d'autres condiments pour préparer le " maza ", le plat de base des Grecs que les Romains nommaient " les mangeurs d'orge ". Le blé est également consommé transformé en bouillie ou bien, moulu en farine. On en fait aussi des galettes plates, du pain levé et des gâteaux. Le pain est d'abord cuit à la maison dans un four en argile, mais dès la fin du Vème siècle avant J.-C., des boulangers apparaissent dans les villes. Les légumineuses sont également largement consommées, comme les fèves, les lentilles ainsi que les graines de sésame, de lin, de pavot qui ont une grande valeur nutritive. Les paysans pauvres, eux, consomment couramment des glands de chêne vert (quercus ilex).
Les olives sont une garniture ou un repas, qu'elles soient crues ou confites. Les fruits, frais ou secs, sont mangés en " dessert ". Ce sont principalement des figues, des grenades, des noix et des noisettes. Les figues sèches accompagnent le vin. Les Spartiates, citoyens à part, préfèrent un ragoût de porc, le " brouet noir " composé de viandes de chèvre et de porc, de sel, de vinaigre et de sang. Quant aux soldats, ils sont surtout nourris de pain, d'ail, d'oignons et de fromage, denrées faciles à transporter et à conserver.
En ville, les viandes, sauf celles du porc, sont chères de même que les légumes frais et les citadins se rabattent sur les saucisses et les légumes secs. La soupe de lentilles est le plat habituel de l'ouvrier. Manger de la viande est chose rare pour les classes populaires, sauf aux fêtes ou autres banquets. Comme toujours, la consommation de viande ou de poisson varie en fonction du milieu social et géographique. Ainsi, les riches Grecs apprécient les oeufs de poisson et tous les fruits de mer. Les coquillages, oursins, seiches, poulpes et calmars frits ou grillés sont servis comme amuse-gueule ou accompagnements dans les banquets alors que les sardines, les anchois, et autres petits poissons constituent l'ordinaire de simples citoyens athéniens.
Les Grecs consomment beaucoup de produits laitiers mais le lait est surtout bu par les paysans et n'est pas employé en cuisine. Le fromage de chèvre ou de brebis est un aliment de base. On le mange seul ou avec du miel ou des légumes. Il entre également dans la composition de nombre de plats y compris ceux de poisson. Le beurre est connu, mais on lui préfère l'huile d'olive.
La boisson la plus répandue est l'eau que l'on croit nourrissante puisqu'elle fait grandir les plantes. Le paysan boit couramment du lait de chèvre et de l'hydromel. On boit aussi le " kykéon ", gruau d'orge allongé d'eau et additionné d'herbes et d'aromates, à la fois boisson et nourriture. le vin est consommé coupé d'eau, car il peut titrer jusqu'à 17°! On peut l'aromatiser au miel, à la cannelle ou au thym.
La Grèce a probablement découvert la viticulture dès le 3ème millénaire avant J.-C. Les cépages sont très nombreux. les viticulteurs pratiquent la vendange tardive comme parfois encore de nos jours. Le moût fermente dans des " pithoi " à demi-enterrés dans les celliers où il passe l'hiver. On trouve toutes sortes de vins, du grand cru à la piquette légère et du rouge au rosé et au blanc ainsi que des vins cuits et des vins " doux ". Certains vins sont même salés avec de l'eau de mer. Le " retsina ", un vin additionné de résine, n'apparaît en fait qu'à l'époque romaine.